Egypte, 1931
Suite à l’abolition des mutilations génitales féminines par le gouvernement égyptien, on voudrait dépeindre le portrait d’une femme qui a dédié sa vie humaine et littéraire à la lutte visant aux conditions égalitaires des hommes et des femmes en agissant en tant que médecin, activiste féministe et écrivain. Elle a exploité ses connaissances médicales pour lutter contre certaines pratiques locales, notamment la clitoridectomie, en les liant, d’un point de vue idéologique, à l’oppression subie par les femmes.
Le combat féminin est surtout un je qui met en question le positionnement de l’être femme en face à lui-même et en face à la société dans une littérature marquée de bruits, de saveurs et de gestes. Il s’agit d’une écriture du corps et du viscéral. Ainsi l’œuvre de cet auteur s’inscrit au sein de la production féminine et féministe de la deuxième moitié du XX siècle, d’un activisme féministe qui manifeste une conscience critique de la prédominance masculine dans des champs inexplorés : ces écrivains, parmi lesquelles Nawāl al-Sa̔ adāwi, Ālīfa Rif̔ at et Andrée Chedid, ne se limitent plus à la lutte visant à la réforme des lois sur l’Etat Civil, mais dénoncent les violences psychologiques et physiques subies. Ainsi le corps n’est plus seulement une source de conflit, mais aussi un appui nécessaire à la définition du genre et de la sexualité. De plus, le militantisme politique inspire des œuvres fondées sur la dénonciation d’une violence sociale dont l’incarcération est le révélateur. Al-Sa̔ adāwi, arrêtée en 1981, décrit son expérience dans Douze femmes dans Kanater, paru en 1982 et traduit en français deux ans plus tard. Cet écrit dépeint la vie collective dans la salle commune des femmes de cette prison et, à travers les dialogues des protagonistes, évoque la société égyptienne des années 1970. Il s’agit d’un récit emporté par le flot de la parole orale. plus
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